J'aime bien prendre l'avion. A l'inverse des 80% de musiciens qui détestent çà (J'aurais pu vous expliquer ma théorie selon laquelle la plupart des musiciens verseaux deviennent fous, mais je la garde pour plus tard), je trouve que c'est un moment agréable. Puis le sentiment de mouvement, c'est tout de même chouette. Néanmoins, depuis quelques temps, je fais de plus en plus attention aux premières sensations sur un sol inconnu.. donc l'aéroport. Depuis les 60's, il est de bon ton de créer de beaux aéroports (cf: Eero Saarinen en 62), puis Orly (Henri Vicariot)... etc.
L'été dernier, en séjour chez ma copine Camille, elle me présente son voisin: Marc, mélomane, vétu et couvert tel un Grandaddy, fort aimable et décontracté malgré la présence d'un iguane (paix à ton âme Ziggy) dans la cuisine. Or depuis quelques temps, je le vois partout, il n'y a pas un magazine qui ne contienne une chronique de son album... et ca fait excessivement plaisir. Un an que je bassine tout le monde que cet album est incroyable, qu'il contient les ballades pop idéales pour une virée en auto (en cyclo ca marche aussi, mais c'est moins confortable sous le casque). Ce n'est pas tant le fait que la presse musicale confirme mon opinion sur Magic Arm, c'est plus que je crois sincèrement que ce voisin du dessus le mérite.
C'est un aventurier qui fusionne folk, rock et electro et n'hésite pas à prendre des directions contraires à ce que l'on attend de lui. (il ne fait pas du Grandaddy). Il y ajoute une atmosphère enfumée façon Beta Band... C'est un troubadour, un bidouilleur, un homme-orchestre aux pédales magiques. Avec ses machines aux saveurs de sucre, de miel... il superpositionne des samples, crée des pop song endiablées, sur-énergiseantes, toniques, des melodies de bout de ficelle, sans prétention, mais d'une candeur que seul un artisan patissier peut connaître. Néanmoins, j'aime le côté sombre de sa musique, comme une longue plainte, mais cachée par une énergie sonore si forte, qu'elle en devient mélancolie moderne. Ca pourrait être un piège et nous menait à des arrangements cheap, un je-m’en-foutisme pénible, un dedain de principe, mais il ruse, sa boîte à outils attise son imagination, et nous livre un album parfait. Parfait, mais pas over travaillé. Quelque chose de brouillon, de spontané, de gourmand.... Mmmmh!
C'est ma copine Ann qui m'a fait découvrir les illustrations de Gilles Vranckx. J'ai d'abord trouvé ca beau, juste beau, puis j'ai pris le temps de regarder de plus près, de scruter, d'observer le point de départ de ses traits, de chercher leur fonction, leur sens, leur direction. C’est qu’il y a chez Vranckx tout ce qui fait le mystère d’un dessin réussi: le trait qui semble approximatif mais qui est pourtant empli d’une force inouïe, le regard d’ensemble qui va droit au coeur des choses, le sens de la mise en scène si bien ciselée que l’on ne sait plus si l’on est dans le rêve, la fiction, la confession, le mémoire, l’adaptation… J'aime son sens du découpage, ces visages en pleine reflexion, empli de ses obsessions, son sens inné des corps en furie, des visages fous, tristes...
Nombreux sont les fous qui se sont essayés à reproduire les harmonies des Beach Boys... Peu ont tenté de copier leurs textes, encore moins celle de Surfer Girl... Venus de Brooklyn, The Drums, faussement innocents, bien peignés et dédaigneux à souhait, je mise sur leur succès dès la rentrée. Sand'n'sea, early 60's, twanging-guitar-pop, surf themed... Un avant-goût d'été indien!
Comment semer un ami encombrant? S'ébrouer en solo avec charme et modestie. Deux qualificatifs qui sieent à la décision d'Adam Ficek, qui se cache derrière Roses Kings Castles. Après un album à l'automne 2008, il se distance de Pete (ou devrait-on dire Peter dorénavant?). Son nouvel EP sort aujourd'hui.... et c'est bien moins vulgaire que "F**k Forever"!
Réponse disponible dans ce fanzine (oui oui vous avez bien lu: fanzine - nom masculin, tiré de l'américain fanzine, de fanatic et magazine. Publication de faible diffusion élaborée par des passionnés), crée par Tom Sachs. C'est une édition limitée à 125 copies. Le fanzine est Xerox-copié, et se veut un manuel pour tout apprenti skater. Contributions techniques de Mark Gonzales, Pat Conlon, Van Neistat, Nick Doyle, Pat McCarthy et Arsun Sorrenti. Publié à l'occasion de l'exposition "Skateboards", à la galerie Thaddaeus Ropac de Salzburg, galerie qui le représente également en France.
Plus connu pour ses jouets géants, ses terrains de skate-board entre sculpture et gravure sur bois, il est plutot à l'écart des tendances de l’art contemporain. (En 1994, il crée pour le grand magasin Barneys, une scène de noël intitulée Hello Kitty Nativity, dans laquelle la Vierge Marie est remplacée par Hello Kitty). Son propre langage plastique s'intéresse principalement à la fonction, la forme et l’essence des objets quotidiens qu’il assemble, dissèque, reconstruit et s’approprie et en fabrique minutieusement et à la main des répliques.